Quand le milieu socio-économique influence le risque de certains cancers

Cancers: le milieu socio-économique module les risques

Le milieu social influe sur les risques liés à certains cancers

La part des cas de cancers attribuables à un environnement socio-économique défavorisé est la plus importante pour les cancers du larynx (30%), des lèvres-bouche-pharynx (26,6%), du poumon (19,9%) et de l'œsophage (16,7%) chez les hommes.

Les cancers des lèvres-bouche-pharynx, de l'estomac et du foie sont davantage observés parmi les populations défavorisées. Chez les femmes, cela concernait principalement les cancers des lèvres-bouche-pharynx (+22,7%) et du col de l'utérus (+21,1%). Au contraire, les cancers de la prostate chez l'homme ou de l'ovaire chez la femme, sont plus fréquents dans les zones aisées.

" Pour ce qui est de la prostate et, dans une moindre mesure, du sein, ces différences peuvent être dues à la détermination sociale de la pratique du dépistage et du sur-diagnostic qui lui est lié", lancent les chercheurs". Dans une étude publiée mardi 7 février, des chercheurs estiment ainsi que près de 15 000 cas de cancer pourraient être évités chaque année en France par une amélioration des conditions de vie et de la santé des populations les plus défavorisées. " La détermination sociale de certains facteurs de risque comme la consommation tabagique, les expositions professionnelles ou aux polluants atmosphériques expliquent sans doute une partie importante des différences observées ", souligne l'étude. Ce gain serait plus important pour les hommes, et il serait particuli!rement efficace concernant le cancer du poumon. Pour le moment, aucune cause de cette surreprésentation n'a été définie.

Le milieu socio-économique joue sur la probabilité de développer certains cancers plutôt que d'autres.

A contrario, les milieux aisés sont plus exposés au mélanome, aux cancers de la prostate, des testicules, des ovaires et du sein. Les cancers du mélanome sont également répandus. Le calcul du nombre de cancers évitables (15.000 par an) porte lui sur la France entière, et pas seulement sur la population de l'étude. Ils se sont ainsi penchés sur tous les cas diagnostiqués dans les registres membres du réseau Francim (Réseau français des registres des cancers) entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009.

Des chercheurs de l'Inserm* ont quantifié l'influence de l'environnement socioéconomique sur l'incidence des cancers en France. A tel point que la réduction des inégalités sociales de santé est devenue une priorité des différents Plans cancer. Des politiques publiques dédiées en matière d'éducation, d'urbanisation, de transports et d'emploi pourraient certainement faire bouger les lignes.

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