Grippe aviaire: enquête ouverte pour "tromperie aggravée"

Depuis début 2017 des milliers de canards ont été abattus

Depuis début 2017 des milliers de canards ont été abattus

Le parquet de Paris vient d'ouvrir une enquête préliminaire pour "tromperie aggravée", selon une source judiciaire interrogée par l'AFP.

Cette enquête préliminaire fait suite à un rapport (1) du ministère de l'Agriculture, transmis au parquet d'Albi, ce dernier s'en étant dessaisi au profit du pôle de santé publique de Paris.

Des élevages rattachés à la coopérative Vivadour avaient envoyé le 30 novembre et le 1er décembre des cannetons destinés à être gavés par des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées. La question que vont tacher de résoudre les enquêteurs est de savoir si des lots de canards contaminés ont été envoyés à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées.

Les investigations sont confiées à la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées en co-saisine avec les gendarmes spécialisés de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp). Le but est de déterminer si des lots contaminés de volatiles ont pu être vendus en toute connaissance de cause à des éleveurs.

Repéré fin novembre sur des oiseaux sauvages, le virus H5N8 continue de s'étendre dans les élevages du Sud-Ouest français.

Le Sud-Ouest compte 3.000 élevges de palmipèdes à foie gras et cette nouvelle épizootie, représente une perte économique énorme pour la filière. Les animaux passant en effet d'une exploitation hyper spécialisée à l'autre: des fermes de reproduction aux couvoirs, puis aux élevages de poussins, aux élevages en parcours extérieur, aux éleveurs-gaveurs, pour finir par les abattoirs et la transformation.

La Confédération paysanne " se félicite de cette décision qui va dans le sens de ce que nous affirmons depuis des mois: le système industriel, ultra-segmenté, est largement en cause dans cette crise", a réagi le syndicat dans un communiqué, le 10 février 2017.

Une cinquantaine de producteurs et travailleurs de la filière ont investi deux bâtiments de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) à Auch (Gers) en répandant de la paille, des plumes et des pneus dans l'enceinte des bâtiments, pour réclamer une indemnisation " de toute la filière ". Le 19 janvier, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé que les éleveurs seront indemnisés à partir de mars, en fonction du nombre de canards perdus du fait de la maladie ou des abattages préventifs pour enrayer l'épidémie.

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