Le nouvel étiquetage nutritionnel ne fera pas baisser l'obésité, juge l'Anses

L'Anses a rendu son avis sur les systèmes d'information nutritionnelle

L'Anses a rendu son avis sur les systèmes d'information nutritionnelle

Mais s'il est difficile de s'y retrouver dans les étiquettes, il est encore plus difficile de s'y retrouver avec ces quatre systèmes graphiques testés dans différents rayons (traiteur, viennoiserie industrielle, pains et pâtisserie industriels, plats cuisinés en conserve).

Le principe du nouvel étiquetage nutritionnel a été acté dans la loi Santé, votée en décembre 2015.

Face à la demande pressante des industriels en faveur d'une étude menée dans les grandes surfaces, Marisol Touraine, ministre de la Santé, avait décidé en mai de lancer un test comparatif entre quatre systèmes: le "Nutri-score "(avec cinq couleurs) défendu par le HSCP, celui avec trois couleurs en vigueur au Royaume-Uni, "Nutri-repère " (conçu par l'industrie agro-alimentaire) et un dernier mis en avant par la grande distribution ( "SENS " ).

Les systèmes d'information nutritionnelle (SIN) sont-ils pertinents au regard des enjeux de santé publique en matière de nutrition?

Le nouvel étiquetage devait rendre plus compréhensibles les informations actuelles qui détaillent la quantité de glucides, protides, lipides par portion de 100 grammes et parfois la teneur en vitamines.

Dans cette perspective, les experts ont identifié dans un premier temps l'ensemble des éléments à étudier qui conditionnent cette pertinence (les apports en nutriments ou autres substances, l'énergie, le régime alimentaire pris dans sa globalité...).

Dans un second temps, la capacité des SIN à "orienter le comportement du consommateur au regard des objectifs de santé publique" a été évaluée. Les travaux relatifs à l'effet de SIN sur le consommateur sont en nombre limité et présentent des résultats contrastés, tant sur des variables quantitatives (fréquences d'achat) que sur des variables qualitatives (compréhension de l'information et qualité nutritionnelle de l'achat). "De possibles effets contradictoires sont suggérés, tels des effets de halo susceptibles de biaiser l'information perçue par le consommateur et d'induire un comportement inapproprié", estime même l'agence.

L'Anses, de son côté, prône plutôt pour la manière forte: afin de réduire les risques liés aux aliments, il conviendrait "d'envisager la mise en œuvre de mesures efficaces, le cas échéant de nature réglementaire". En somme, plutôt que de compter sur le client, il faut contraindre le fabriquant.

Il publiera "début avril" le décret définissant le système d'étiquetage choisi qui demeurera facultatif.

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