Algérie Macron voit dans la colonisation un "crime contre l'humanité"

Le candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron a évoqué la colonisation lors de son déplacement en Algérie

Le candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron a évoqué la colonisation lors de son déplacement en Algérie

En cause, une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News lors de son voyage en Algérie en début de semaine dans laquelle l'ancien ministre de l'Economie qualifie la colonisation de "crime", de "crime contre l'humanité" et de "vraie barbarie".

Steeve Briois le vice-président du front national s'est même permis un parallèle avec Christiane Taubira. "Sans repentance, et j'ai toujours été clair sur ce point, et sans refouler aussi", dit-il.

L'utilisation de cette expression au sens juridique précis, dont l'entourage du candidat a dit vouloir en l'occurrence s'affranchir, avait suscité un tollé à droite et à l'extrême droite.

Incohérent Macron? L'exercice d'équilibriste tenté par le candidat illustre en tout cas l'ambiguïté de la classe politique envers le passé colonial français.

Sur le fond, le candidat de En Marche! juge que "la France et l'Algérie doivent cesser de se renvoyer leur passé à la figure, directement ou implicitement". François Fillon a pas mal de trous de mémoires. L'occasion de faire un correctif sur sa lecture de la colonisation.

"Déjà en 1837, dans De la colonie en Algérie, le chantre de la colonisation Alexis de Tocqueville justifiait les massacres pour amener les tribus indigènes à composer avec les autorités françaises".

Ce n'est pas la première fois que le débat sur la colonisation s'est invité dans la campagne présidentielle. Deux auditoires, deux discours.

C'est le cas de Gérald Darmanin, le député Républicains.

"Ce système ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d'asservissement et d'exploitation".

Députée de Guyane à l'époque, elle avait fait adopter en 2001, une loi concernant la reconnaissance comme crime contre l'humanité des traites et des esclavages pratiqués à partir du XVe siècle sur les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes. Cela a produit une guerre qui n'était pas digne de la France, par-ce-que des actes inhumains, de la barbarie, de la torture ont été commis " a également déclaré l'un des favoris du prochain scrutin présidentiel français, qui estime que la France "doit assumer ses responsabilités ". Oublié le président soucieux du devoir de mémoire.

Jamais dans le passé, un homme politique n'avait osé dénoncer aussi directement les méfaits de la colonisation de peur de s'attirer les foudres de l'opinion publique et d'une partie de son électorat.

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